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Entretien avec le Docteur Jean-Pierre Ermans, psychiatre, Président de l’asbl Conectar, SISD, acronyme de « Service Intégré de Soins à Domicile », organisme bicommunautaire bruxellois.
Au départ d'une expérience fructueuse de travail en réseau, développée au service de santé mentale « Rivage-den Zaet » dont il a la direction, le Docteur Ermans s’attèle à faire vivre, à Bruxelles Capitale, au départ de l’asbl Conectar, plusieurs projets à la fois. Il s’agit de nouvelles alternatives de soins , fédératrices pour les acteurs du secteur «soins à domicile» et novatrices pour les équipes de première ligne. Coordination, soutien, formation… Pour que chacun ne réinvente pas la roue. Les missions de ces projets sont multiples, insiste le Dr Ermans, et conservent toujours comme axe central le patient et, par exemple, son désir de poursuivre sa vie dans son environnement familial et social.
Quel est le chemin vous menant du service de santé mentale « Rivage – Den Zaet » à l’asbl « Conectar » ?
Docteur Jean-Pierre Ermans : il existe une quarantaine de services de santé mentale à Bruxelles Capitale subsidiés soit par la Cocof, la Cocom (dont «Rivage-den Zaet») ou par la Cocon. Les missions y sont multiples et recouvrent l’accueil, le diagnostic, le traitement et le soin pour la patientèle; la coordination et la formation pour les prestataires. Les deux dernières missions nous amènent à travailler quotidiennement en réseau. Nos équipes sont aussi multidisciplinaires : psychiatre adulte, pédopsychiatre, psychologue, assistant social, logopède, psychomotricienne et le personnel est habitué à gérer le «sur mesure» et la continuité des situations qu’il prend en charge.
En 2006, avant que Conectar n’existe, « Rivage-den Zaet » a répondu a un appel à projets dans le cadre des projets thérapeutiques mis en place par le Ministre Rudy Demotte pour créer des initiatives en santé mentale. Cela nous a permis de développer le projet Dionysos I sur base d’une convention établie avec l’INAMI et 7 partenaires, ambulatoires, médicaux, non ambulatoires et hospitaliers. L’idée était déjà de faire en sorte que la personne âgée de plus de 60 ans vivant à domicile et étant déprimée soit aidée, soutenue et puisse éviter l’hospitalisation. Ce projet s’est bien déroulé et nous a donné l’occasion de rencontrer, en une année, une soixantaine d’institutions liées à la problématique des personnes âgées. Le secteur nous a chaque fois réservé un excellent accueil et ce travail a donné lieu à des partenariats féconds et constructifs. Nanti de cette expérience de travail en réseau, d’une meilleure connaissance du secteur «personnes âgées» et par voie de conséquence, des organismes de soins à domicile, on m’a alors invité à rejoindre l’aventure «Conectar», à côté d’autres partenaires qui sont des «poids lourds» en matière de soins pour les personnes âgées à Bruxelles comme : les mutuelles, les centres de coordination, des CPAS, des maisons de repos et de soins, etc.
Quel est le rapport entre le monde des soins à domicile et l’ancrage psychiatrique de votre formation et de votre expérience clinique ?
Dr. J-P. Ermans : je tiens à préciser tout d’abord qu’il existe à Bruxelles plusieurs institutions, comme par exemple «Les centres de coordination» dont la mission est également de coordonner et de soutenir les praticiens travaillant au domicile des patients. Quand j’ai parlé de mes projets, à mon arrivée dans Conectar, on m’a dit «tu ne vas quand même pas tout psychiatriser !». Ce n’est que très progressivement que les partenaires de l’asbl Conectar ont pu comprendre quelle est la plus value de la présence d’un professionnel de la santé mentale. D’abord aux côtés des prestataires de soins à domicile en facilitant la rencontre avec le patient dans sa globalité, avec son histoire propre, en relation avec une famille, inscrite dans un tissus social et surtout en facilitant l’écoute de cette personne qui parle et souvent qui souffre. Ensuite, aux côtés du patient, en dédramatisant certaines situations qui pour d’aucun nécessitent une prise en charge psychiatrique ou, au contraire, en évitant de passer à côté d’un diagnostic qui peut être vital et difficile à établir par quelqu’un de non formé en santé mentale. Cette approche a également été mise en valeur au travers des formations que nous donnons pour les prestataires de soins travaillant au domicile de la personne âgée.
Avez-vous développé, à partir de votre ancrage psychiatrique, un projet d’intégration des soins à domicile pour les personnes âgées?
Dr. J-P. Ermans : après notre première expérience en 2006 avec les projets thérapeutiques dont nous avons parlé précédemment, le service de santé mentale « Rivage-den Zaet » va recevoir un autre subside de l’INAMI dans le cadre, pour les initiés, du fameux « protocole 3 ». Il s’agit d’un accord fédéral qui organise la mise en place de nouvelles alternatives de soins afin de permettre aux personnes âgées de plus de 60 ans de vivre à leur domicile plutôt que d’aller en maison de repos. À Bruxelles, huit projets ont été retenus par l’INAMI dans le cadre de ce protocole 3 : projets infirmiers de nuit, d’accueil de crise, de vie communautaire et de coordination de soins. Conectar est le centre administratif de chacun de ces 8 projets et le SISD va notamment gérer les aspects concernant les flux financiers avec l’INAMI.
Le projet initié par Rivage-den Zaet, «Dyonisos II», est un projet de coordination de soins, né à partir de l’expérience du premier projet, «Dyonisos 1» et qui est vraiment un exemple de projet d’organisation de réseau de soins. Il s’agit d’offrir un dispositif généraliste sous la forme d’une cellule mobile qui se rend là d’où émane une demande, par exemple une aide familiale pour son patient, un enfant pour un parent, le patient lui-même pour un problème d’hébergement, de mobilité, de santé, mentale le cas échéant… On répond donc à toutes les demandes et pas seulement dans le champ de la santé mentale. Nous intervenons, non pas en prenant la place d’un acteur de première ligne mais en mobilisant cet acteur dans sa fonction professionnelle.
Conectar s’ouvre à tous les publics, quelles sont les perspectives de Conectar dans le secteur de l’enfant ?
Dr. J-P. Ermans : nous avons mis en place le SISD fin 2008 et le «protocole 3» a été une bonne locomotive pour faire démarrer Conectar. Aujourd’hui, nous souhaitons ouvrir la pratique du SISD Conectar à d’autres champs cliniques que celui de la personne âgée, et donc aussi à celui de l’ enfant. C’est d’ailleurs une démarche inscrite dans les missions d’un SISD.
La pratique de réseau dans le secteur infantile a ses particularités, notamment en ce qui concerne les situations où l’on essaie de maintenir les liens entre l’enfant, sa famille, son cadre scolaire et social à partir de son domicile. Je pense qu’il faudrait réfléchir à lister l’ensemble des situations qui génèrent cette situation particulière. Certaines approches méthodologiques pourraient être les mêmes pour les enfants que pour les personnes âgées et je suis prêt à réfléchir avec le réseau Hospichild comment mettre en place une pratique de réseau autour et avec l’enfant évoluant dans son milieu de vie familiale.
Merci pour cet entretien.
Nul doute que cet appel aux membres du réseau Hospichild sera entendu ! Bonne continuation à Conectar et bon succès pour les nouvelles initiatives.
Propos recueillis par Emmanuelle Vanbesien, coordinatrice Hospichild
Vous souhaitez contacter Conectar :
Conectar asbl
Président : Docteur Jean-Pierre Ermans
Avenue Josse Goffin 180
1082 Berchem-Sainte-Agathe
02/482 41 50
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Pour avoir un aperçu complet des missions de Conectar et des formations qu’ils organisent, consultez l’article de la Bico-Info.
Le remboursement des soins de santé
Les 3 régimes de la sécurité sociale
Mutuelles, soins de santé, assurances...
Focus décembre : Cancer & Psychologie
Focus octobre : L'Association Pluraliste de Soins Palliatifs de Bruxelles-Capitale"
Focus Septembre : La Fondation contre le Cancer
Focus Juillet - août : Interview du Professeur Yvan Vandenplas de l'UZ Brussel
Focus mai : Interview du Professeur Gaston Verellen - CU Saint-Luc
Focus décembre : Huis voor Gezondheid
Focus novembre : Ligue Francophone Belge contre l'Epilepsie
Focus octobre : Stefanie De Loof Service pédiatrique Cliniques de l'Europe - Sainte-Elisabeth
Focus juillet - août : l'asbl La Vague a 30 ans
Focus juin : Association Belge de Lutte contre la Mucoviscidose
Focus mai : Projet National Douleur Aiguë de l'Enfant
Focus avril : Animation des Services pédiatriques aux Cliniques Universitaires Saint-Luc
Focus mars : le métier d'infirmière de liaison
Focus février : SISD Conectar asbl
Focus janvier : Les Cliniclowns fêtent leurs 15 années d'existence
Focus novembre : Centre des Brûlés NOH
Focus octobre : Professeur Mario Govaerts, de l'anesthésie pédiatrique à l'algologie
Focus septembre : La grippe mexicaine AH1N1, avons-nous affaire à une pandémie ?
Focus juillet - août : Rencontre avec le Professeur Chantrain, oncologue pédiatrique
Focus juin : L'école en Hôpital à l'UZ de Gand
Focus mai : La fonction de psychologue de liaison en pédiatrie
Focus avril : 5 ans de l'association Bednet
Focus mars : je veux le faire tout seul ! Prise en charge de l'enfant IMC en Afrique
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