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H.V.: Integrale Jeugdhulp (IJH) est une initiative du gouvernement flamand qui vise à apporter une réponse à une série de problèmes du secteur de l’aide à la jeunesse. On constate trop souvent que le public cible connaît mal les services d’aide à la jeunesse à Bruxelles et en Flandre et qu’il a du mal à trouver de l’aide. Beaucoup de demandes des jeunes et des familles restent ainsi sans réponse. Voyez ce qui se passe à Bruxelles, avec son public diversifié et ses nombreuses minorités ethniques et culturelles : souvent, elles ne connaissent pas notre offre de services !
Integrale Jeugdhulp n’est pas un secteur nouveau, mais un partenariat entre toutes les structures d’aide à la jeunesse agréées par le gouvernement flamand à Bruxelles. Sept secteurs sont concernés : les centres d’encadrement des élèves (CLB), l’aide sociale générale (CAW), l’aide spéciale à la jeunesse, Kind & Gezin, l’Agence flamande pour les personnes handicapées (VAPH), les centres d’aide intégrale aux familles (CIG) et les centres de soins de santé mentale (CGGZ). Au besoin, nous collaborons également avec les services francophones. Nous avons ainsi des contacts avec Bruxelles-J, SOS Jeunes et ABAKA.
H.V.: En améliorant la collaboration et l’harmonisation de toutes les structures d’aide à la jeunesse, nous voulons rendre leurs services plus accessibles et faire en sorte qu’ils répondent mieux aux demandes d’aide des jeunes et des familles (demande envoyée). Comme il est trop difficile et trop déconcertant pour les clients de connaître toutes les structures et les services qu’elles offrent, nous nous concentrons surtout sur les services plus «généralistes», auxquels les mineurs et leurs parents peuvent soumettre toutes leurs questions. Les enfants, les jeunes et leurs parents peuvent y raconter leur histoire ou demander de l’aide. La meilleure solution possible est alors recherchée avec eux ; le cas échéant, ils sont orientés vers une organisation plus spécialisée dans un type d’aide bien spécifique. On peut aussi donner aux jeunes et à leurs parents une carte de visite pratique avec l’adresse ou le numéro de téléphone où ils pourront obtenir des informations et de l’aide.
H.V.: Oui, les services généralistes sont gratuits. L’aide sociale générale, les bureaux de consultation de Kind & Gezin et les centres d’encadrement des élèves en font partie. Les clients peuvent aussi s’adresser à eux de manière anonyme.
H.V.: Oui. Parfois, l’intervenant est confronté à une situation de crise et donc à une demande d’aide pressante. Une aide de crise s’impose alors. On peut contacter pour cela la permanence de crise pour les mineurs et leurs parents (au numéro de téléphone 02 209 16 36). L’intervention de la permanence de crise est toujours subordonnée au consentement du mineur et/ou des parents. La permanence est le premier stade du programme d’aide de crise. Elle décide, en concertation avec l’appelant, de la mise en œuvre de l’intervention de crise, de l’encadrement de crise ou de l’accueil de crise. Le programme d’aide vise à remédier à une plainte qui revient souvent : «L’aide n’est pas disponible au moment où on en a le plus besoin», c’est-à-dire après les heures de bureau et le week-end. Il s’agit de situations de crise qui ne sont pas prévisibles et qui appellent une réaction immédiate.
L’idéal serait de pouvoir s’adresser à la permanence 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, mais à Bruxelles, ce n’est malheureusement pas le cas. Les moyens financiers dont nous disposons ne le permettent pas encore.
H.V.: Par exemple, les CLB ont parfois affaire à des jeunes qui ne veulent plus rentrer chez eux et pour lesquels il faut donc trouver une solution. Ou un médecin généraliste constate, lors d’une visite à domicile, que la sécurité des enfants n’est pas garantie. Ou encore, une mère célibataire est admise en urgence à l’hôpital et ses enfants doivent être pris en charge. Dans toutes ces situations, on peut contacter la permanence de crise.
Lorsque l’intervenant appelle la permanence de crise, un collaborateur tente d’évaluer la situation par téléphone et de déterminer les démarches qui ont déjà été entreprises. Mais lorsqu’une conversation téléphonique ne suffit pas à se faire une idée claire de la situation, ou si l’appelant n’est pas en mesure de l’évaluer lui-même, la permanence de crise lance une intervention. Un collaborateur de l’intervention de crise se rend à domicile ou au service, essentiellement pour réduire le stress et instaurer la sécurité. Ensuite, on peut se limiter à un encadrement de crise s’il apparaît que la situation au domicile offre des possibilités suffisantes. On travaille alors intensivement avec la famille pendant 28 jours pour trouver une solution et au besoin mettre en œuvre une aide régulière. Un accueil de crise est également possible. Le jeune est alors placé dans une structure pour une courte durée (7 jours). Pendant ce séjour, on travaille de manière intensive sur le contexte afin d’élaborer une solution durable.
Ce service s’adresse donc à la jeunesse. Quelle est la tranche d’âge concernée ?H.V.: En principe, l’aide à la jeunesse va de 0 à 18 ans, mais nous n’oublions évidemment pas les jeunes de plus de 18 ans. Il existe des services auxquels les jeunes peuvent s’adresser jusqu’à leur 25e anniversaire. La souplesse est ici de mise ! Le programme d’aide de crise est pour l’instant limité aux enfants et aux jeunes âgés de 18 ans ou moins.
Organisez-vous aussi des activités spécifiques, des journées d’étude ou d’information… ?H.V.: Oui, certainement. Nous travaillons avec divers publics cibles, comme les forums de minorités, les minorités ethniques et culturelles et les animateurs de jeunesse. Nous essayons d’atteindre le plus possible de jeunes par leur entremise. Nous allons aussi à la rencontre des publics cibles et nous organisons des journées d’information pour présenter notre offre. Nous nous demandons comment améliorer encore l’aide en partant des besoins des enfants, des jeunes et de leurs parents. Nous pourrons d’autant mieux répondre aux besoins de notre public cible que nous en serons proches, et notre aide sera aussi d’autant plus efficace. C’est ce que l’on appelle le travail participatif, qui consiste à associer les parents, les enfants et les jeunes en tant que partenaires égaux dans la recherche de la meilleure solution possible.
Lorsque cela s’avère nécessaire, nous organisons une concertation avec le client, sous la présidence d’une personne extérieure. Cette concertation est surtout indiquée lorsque plusieurs intervenants s’occupent des mêmes clients. Parfois, il n’y a aucune vue d’ensemble, ni pour les intervenants, ni pour les clients. Autrement dit, un plan coordonné fait défaut. C’est à ce moment-là que l’on peut organiser une concertation avec le client, présidée par une personne extérieure. Cette personne neutre, étrangère au service, rassemble toutes les parties pour prendre à nouveau des dispositions claires et pour désigner un coordinateur de l’aide. Il revient au client de désigner les problèmes à aborder et les personnes qui participent à la concertation. Le client est associé aux décisions, et il vaut mieux qu’il participe aussi à la concertation. Le président extérieur soutient le client, de manière à ce qu’il puisse faire valoir son point de vue pendant la concertation. C’est un système assez particulier, dont nous avons de bonnes expériences.
H.V.: Une de nos principales missions consiste à mettre le «point de vue des clients» au cœur de notre action. Cela implique de se représenter les besoins des clients, de répondre à leurs attentes et de mieux faire correspondre notre offre d’aide en conséquence. Nous avons appris qu’il est très important d’écouter attentivement ce que les clients nous disent, compte tenu de l’expérience – positive ou négative – qu’ils ont de l’aide apportée. Sur la base de ces données, nous essayons d’organiser un dialogue entre les différents services d’aide et éventuellement aussi les parents pour que les parties se connaissent mieux et pour rectifier au besoin la manière dont nous nous y prenons. Nous voulons associer et écouter davantage les clients lorsque nous les aidons.
Pour atteindre son groupe cible de jeunes et de parents, Integrale Jeugdhulp travaille par l’intermédiaire de forums de minorités, d’associations qui se font le porte-voix des pauvres et de comités de quartier. Un certain nombre de jeunes siègent au comité directeur régional qui détermine l’orientation de l’ensemble du projet à Bruxelles.
H.V.: Cachet est unique à Bruxelles. Des jeunes ayant une certaine expérience de l’aide à la jeunesse se sont rassemblés dans le but principal de donner la parole aux jeunes de notre secteur. Ils ont créé une asbl à cet effet. Cette plate-forme, baptisée «Cachet», sert de lieu de rencontre aux jeunes, où ils peuvent s’exprimer et échanger des expériences. Par exemple, quand un jeune est passé par une institution, il ne va pas le crier sur tous les toits. Il est souvent estampillé, d’où le nom de « Cachet ». Grâce à cette plate-forme, les jeunes peuvent se raconter, s’exprimer à travers des projets artistiques, qui leur donnent plus de cachet, qui créent autrement dit une plus-value. À terme, ils veulent aussi intégrer la voix des jeunes dans les structures de concertation (comme IJH) pour contribuer à l’orientation de l’aide à la jeunesse et pour mieux la faire correspondre aux besoins des jeunes.
Parlons à présent de votre fonction. Que pouvez-vous nous en dire ? Comment y êtes-vous arrivé ?H.V.: Je suis un collaborateur de direction, j’encadre le processus d’Integrale Jeugdhulp dans la région de Bruxelles. Chaque région compte une équipe de collaborateurs de direction soutenus par un collaborateur politique, qui fait le lien avec la Flandre en mettant en œuvre une série de processus dans toutes les régions.
Bruxelles est une région à part, étant donné sa problématique et sa structure, mais aussi sur le plan politique. Auparavant, j’étais le directeur du Brusselse Welzijsraad (BWR), une fonction passionnante qui m’a amené à renforcer la coordination et à mettre sur pied plus de projets, en concertation avec le terrain, afin d’améliorer l’aide offerte. Je pouvais élaborer et lancer des projets, mais jamais les mettre en œuvre moi-même, comme la politique sociale locale, ou la coordination dans le secteur des soins de santé, d’où la Maison de la santé (Huis voor Gezondheid) est issue ultérieurement. Le directeur est aussi responsable de la politique du personnel, des finances et de l’asbl, et il joue un rôle important de représentation… Il y a environ quatre ans, j’ai décidé de postuler à la fonction que j’exerce actuellement.
Je voulais être davantage présent sur le terrain, m’impliquer dans des projets et des actions et collaborer avec les intervenants et les clients. C’est ainsi que je me suis retrouvé à Integrale Jeugdhulp. Je dois dire que je suis enchanté du travail que je peux y faire, mais aussi de mon environnement de travail. Je travaille au département du développement politique, au sein de l’administration flamande, qui s’occupe du domaine politique de l’aide sociale, de la santé publique et de la famille. Ce département représente pour moi un énorme défi, parce que c’est là que l’on façonne et oriente les nouvelles évolutions que la Flandre souhaite imprimer au terrain par sa politique. Integrale Jeudgdhup est un des plus grands projets géré par ce département. On peut mettre sur pied toute une série de choses avec les associations et les intervenants locaux, ou travailler de manière très concrète avec le groupe cible lui-même, mais aussi par des rapports et la concertation au niveau politique. En tant que collaborateur de direction, je peux combiner ces deux aspects (pratique et politique), et c’est donc avec un grand plaisir que je continuerai à exercer cette fonction.
Propos recueillis par Catherine MinetLe remboursement des soins de santé
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Focus octobre : L'Association Pluraliste de Soins Palliatifs de Bruxelles-Capitale"
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